Jeudi 29 juin 2006
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Comme s'il nous saisissait par le col, cet essai nous interpelle avec force.Selon Émilie Frèche, nous sommes tous responsables de la mort d'Ilan Halimi, âgé de 23 ans. Nous, concernés par cette barbarie? Par ces vingt-quatre jours de séquestration, d'humiliations, de tortures? Par ce corps battu à mort et brûlé à 80%? Oui, dit-elle. Parce que nous avons oublié le sens du mot "fraternité"; parce que nos règles sont devenues celles de l'argent, du spectacle et de la consommation; parce que nous avons oublié la colonne vertébrale qu'érige en nous une morale. Comme Hannah Arendt parlant de "banalité du mal", Émilie Frèche explique comment nous, hommes et femmes ordinaires, dénués de tout penchant sadique, nous pouvons nous transformer en un rouage essentiel de l'horreur. Si ce texte si sobre et si beau nous ébranle, c'est qu'il nous touche en plein coeur. Bien loin de seulement inquiéter, il émeut: il nous donne envie de bouger. De franchir le mur de la peur, de réapprendre à vivre ensemble et même de réinventer les règles de la vie en société. Manifeste contre l'indifférence, il donne une secousse salutaire à notre insensibilité. Il nous montre comment chacun d'entre nous, quel qu'il soit, peut accepter d'ouvrir les yeux et, à son niveau, poser un acte en faveur de ce à quoi il croit.
Valérie Colin-Simard, Psychologies Magazine juin-juillet 2006
Par emilie freche
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Publié dans : la-mort-d-un-pote
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