Lundi 5 juin 2006
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Comment a-t-on pu en arriver là? C'est la question que se pose la romancière Émilie Frèche, au lendemain de l'assassinat d'Ilan Halimi, jeune homme de 23 ans, enlevé parce qu'il était juif, puis séquestré et torturé à mort. À l'image de toute une génération, Émilie, 30 ans tout rond, s'interroge avec coeur et sans prétention sur l'évolution d'une société qui, il n'y a pas si longtemps, défilait pour SOS Racisme et luttait contre un ennemi commun: le FN
ELLE: QU'EST-CE QUI VOUS A POUSSÉE À ÉCRIRE CE LIVRE?
ÉMILIE FRÈCHE: Quand j'ai appris cette histoire, j'ai eu le sentiment que la France de mon enfance venait de s'effondrer. Moi qui suis une gamine des années 80, bercée par le slogan "Touche pas à mon pote", c'était comme si j'assistaits à la mort d'un pote.
ELLE: COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CE CRIME?
E.F: La violence banalisée et le fric comme valeur unique. L'eistence de zones de non-droit, ou plutôt des zones, comme les caves, où s'appliquent d'autres loirs que celles de la République. Et enfin, l'indifférence, l'individualisme... .
ELLE: ET L'ANTISÉMITISME?
E.F: Fofana, le Cerveau des Barbares, est emblématique d'un nouvel antisémitisme qui s'ignore et de l'échec absolu de l'éducation. Le problème est le suivant: dénoncer l'antisémitisme aujourd'hui, ça n'est plus lutter contre le racisme, mais prendre parti pour les juifs. C'est ça, la montée du communautarisme.
Interview de Marion Ruggieri dans le ELLE du 5 juin 2006.
La mort d'un pote, d'Émilie Frèche, (Panama, 125p., 12 euros)
Par le ELLE, 5 juin 2006
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