Jeudi 29 juin 2006
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23:13
Comme s'il nous saisissait par le col, cet essai nous interpelle avec force.Selon Émilie Frèche, nous sommes tous responsables de la mort d'Ilan Halimi, âgé de 23 ans. Nous, concernés par cette barbarie? Par ces vingt-quatre jours de séquestration, d'humiliations, de tortures? Par ce corps battu à mort et brûlé à 80%? Oui, dit-elle. Parce que nous avons oublié le sens du mot "fraternité"; parce que nos règles sont devenues celles de l'argent, du spectacle et de la consommation; parce que nous avons oublié la colonne vertébrale qu'érige en nous une morale. Comme Hannah Arendt parlant de "banalité du mal", Émilie Frèche explique comment nous, hommes et femmes ordinaires, dénués de tout penchant sadique, nous pouvons nous transformer en un rouage essentiel de l'horreur. Si ce texte si sobre et si beau nous ébranle, c'est qu'il nous touche en plein coeur. Bien loin de seulement inquiéter, il émeut: il nous donne envie de bouger. De franchir le mur de la peur, de réapprendre à vivre ensemble et même de réinventer les règles de la vie en société. Manifeste contre l'indifférence, il donne une secousse salutaire à notre insensibilité. Il nous montre comment chacun d'entre nous, quel qu'il soit, peut accepter d'ouvrir les yeux et, à son niveau, poser un acte en faveur de ce à quoi il croit.
Valérie Colin-Simard, Psychologies Magazine juin-juillet 2006
Par emilie freche
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Mercredi 28 juin 2006
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12:14
Sur le plateau de Tout le Monde en Parle, l'émission de Thierry Ardisson, où je suis venue présenter "la Mort d'un pote", j'ai expliqué que je considérais qu'il y avait une dimension antisémite dans le crime d'Ilan Halimi, et ce pour trois raisons que j'ai évoqué à l'antenne:
1- Fofana a dit, "j'ai choisi un juif parce que les juifs sont riches", il s'agit-là du plus vieux des préjugés antisémites, préjugé sur lequel s'est fondé la propagande nazie pour organiser l'assassinat de 6 millions de juifs. D'autre part, en disant cela, Fofana implique que tout juif, parce qu'il est juif et selon lui, riche, était potentiellement une cible.
2- Fofana a fait des repérages boulevard Voltaire où il avait remarqué que des commerces appartenaient aux juifs puisqu'ils étaient fermés pendant les fêtes religieuses. Il y a donc préméditation de "prendre" un juif, et un juif seulement
3- À un des appâts qui n'est pas parvenu à faire tomber un garçon dans le guet-apens, Fofana a dit: ne t'inquiètes pas, il n'était pas juif", preuve là encore qu'il voulait un juif et rien d'autre.
Malgré ces trois preuves évidentes, le comédien Jean-Paul Rouve a dit que Fofana était simplement un malade, qu'il n'y avait pas d'antisémitisme dans cette affaire, que Fofana avait dit "j'ai choisi un juif..." simplement pour s'offrir une conscience politique parce que, selon lui, ça fait bien. La question que je pose à Jean-Paul Rouve, et à tous ceux qui sont de son avis, c'est: à partir de quel moment considérez-vous qu'un acte est antisémite?
Par emilie freche
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Vendredi 23 juin 2006
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11:28
Émilie Frèche, invitée sur l'émission d'Ardisson, Tout le Monde en Parle le samedi 22 juin à 23h30.
Par emilie freche
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Mardi 13 juin 2006
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23:03
Si j'ai écrit la mort d'un pote, c'est que la mort d'Ilan Halimi m'est apparue comme une "photographie", à tout point de vue, de notre pays. Le gang qui l'a séquestré, torturé et finalement laissé pour mort s'est autoproclamé "Barbare", un nom qui, je crois, nous a bien aidé. Le barbare est celui qui s'inscrit en marge de la civilisation, qui réclame sa destruction. Il est donc une sorte de "monstre", il ne nous ressemble pas, il est une "anomalie" dans la société. Eh bien je crois au contraire que les membres du gang des Barbares étaient des enfants de leur génération, une génération pour laquelle la barbarie est devenue une normalité. Ainsi, pas plus tard que le week-end dernier, des adolescents étaient arrêtés à Marseille pour avoir séquestré pendant quarante-huit heures et violée une jeune fille. Les suspects n'étaient pas des repris de justice, mais, telle la majorité des membres du gang des Barbares, des jeunes gens comme on en croise des centaines... La barbarie n'est plus l'exclusité de quelques fous dangereux, mais bel et bien un fléau générationnel.
Par emilie freche
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Mardi 6 juin 2006
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21:20
J'étais ce soir linvitée par Gilbert Chevalier dans l'émission Plein Cadre sur France Bleu, pour parler de la Mort d'un Pote. La tragique disparition d'Ilan Halimi, Gilbert Chevalier m'a avoué, avec beaucoup de sincérité, que cela ne l'avait pas plus touché que n'importe quel autre fait divers, mais qu'à la lecture du livre, il avait vu dans cette histoire une photographie de la France. C'était le but de mon texte, et c'est sans doute la raison pour laquelle je me souviendrais longtemps de cette émission. Réussir à convaincre un lecteur qui, a priori n'était pas acquis, voilà qui est magique. J'espère que nombreux seront ceux auxquels j'arriverais, comme Gilbert Chevalier, à faire prendre conscience de l'état de notre pays. Pour que l'antiracisme redevienne une priorité, pour que nous reprenions chacun et chacune nos responsabiliés, pour que l'argent ne soit plus notre seul horizon de valeur, pour que des innocents cessent de mourir de notre indifférence... Pour que la France redevienne le pays des Lumières.
Par émission du 6 juin 2006
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